Les infirmières libérales toujours considérées comme coupables !

Le 11 mai dernier, les chiffres de la fraude établis par l’Assurance Maladie ont été présentés au Sénat. Un rapport de la Cour des Comptes va suivre. La presse s’est évidemment largement emparée du sujet et au final, l’ensemble des infirmières et des infirmiers libéraux sont montrés du doigt alors que ces chiffres sont le reflet d’une estimation de la part de la Caisse, suite à des contrôles opérés sur 3% des IDEL ayant des activités et des volumes de facturations dits atypiques.

Nous en avons assez d’être décriés, voire calomniés ; assez d’être contrôlés en dépit du bon sens ; assez d’être soumis à des procédures purement administratives, inventées par des technocrates qui n’ont jamais mis un pied sur le terrain, sans prise en compte de la réalité des soins réalisés auprès des patients, assez d’être, par principe, coupables ; assez de donner toujours plus et recevoir toujours moins.

Lorsqu’il a fallu être en première ligne lors de la crise sanitaire, nous avons répondu présents, sans compter, lorsqu’on nous a appelés à l’aide dans les EHPAD nous avons été là, lorsqu’il a fallu vacciner ou tester sur notre temps de repos nous avons été là, lorsqu’il faut répondre à des situations d’urgence au domicile sans être payés nous le faisons, lorsqu’il faut aller chercher les médicaments des patients à la pharmacie nous le faisons, lorsqu’il faut faire le lien avec le médecin ou d’autres professionnels de santé nous le faisons. Tous les jours nous rendons service, nous accomplissons des actes invisibles, nous évitons des hospitalisations, des dégradations physiques et psychologiques.

Malheureusement, rien de tout cela n’est pris en compte. Il n’y a aucune considération pour notre engagement. L’Etat se prépare à nous solliciter cet été pour faire face à la pénurie de personnel à l’hôpital et il faudrait encore accepter sans broncher ? Non seulement nous sommes cloués au pilori comme des fraudeurs mais nos honoraires sont bloqués depuis une décennie, le BSI nous fait perdre de l’argent et l’augmentation des prix des carburants nous pénalise fortement depuis des mois et la « revalorisation » de l’IFD de 0,04 € (0,01 € pour l’IK) n’y changera pas grand-chose…

Plus que des mises à l’index infondées, les infirmières et les infirmiers libéraux ont besoin de réformes fondamentales pour travailler dans des meilleures conditions et éviter les erreurs.

  • Il est rigoureusement nécessaire de réviser notre nomenclature. La NGAP qui contient plus de 100 actes ouvre la voie aux interprétations les plus diverses et parfois contradictoires de la part des CPAM. Tout cela génère évidemment des tracasseries administratives et des indus.
  • Il est également indispensable de revoir totalement la procédure de gestion du risque en la réduisant à un an et en introduisant un droit à l’erreur car la quasi-totalité du temps les soins ont été effectués et les indus sont liés à des inexactitudes ou des ordonnances médicales mal rédigées.
  • Enfin, il faut réorganiser et réformer les ARS et les CPAM afin que les soignants puissent s’appuyer sur des outils de facilitation et non pas être confrontés sans cesse à des obstacles et des pénalités.

Fidèle à son ancrage de terrain, Convergence Infirmière continuera de plaider pour des réformes de bon sens et défendra les infirmières et les infirmiers libéraux contre les amalgames et les condamnations injustes. A ce titre, nous avons travaillé sur 15 propositions (1) qui sont autant de pistes d’action et de défense de la profession infirmière libérale.

(1) https://convergenceinfirmiere.com/election-presidentielle-les-15-propositions-de-convergence-infirmiere/

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