Convergence Infirmière est affligé par la dernière communication des dirigeants de La Poste présentant leur groupe comme un acteur majeur de la santé en France.
Personne ne conteste que le numérique, la logistique ou la coordination puissent contribuer à améliorer l’organisation du système de santé. Mais il convient de rappeler une évidence : la santé ne se résume ni à des plateformes numériques, ni à des flux logistiques, ni à des bases de données. Elle repose avant tout sur des professionnels de santé qualifiés qui soignent, évaluent, prennent des décisions cliniques et accompagnent quotidiennement les patients.
Les infirmières et les infirmiers libéraux sont présents chaque jour auprès des personnes âgées, dépendantes, atteintes de maladies chroniques ou vivant dans les territoires les plus isolés. Ce sont eux qui assurent la continuité des soins, détectent les complications, coordonnent les prises en charge et permettent à des milliers de patients de rester à domicile.
Le numérique doit être au service des soignants, jamais se substituer à eux ni laisser croire que des missions de santé pourraient être assurées par des intervenants qui ne sont pas des professionnels de santé.
Alors que les moyens consacrés aux soins de proximité demeurent insuffisants, Convergence Infirmière s’interroge sur les investissements publics et privés consacrés au développement de nouveaux acteurs, quand les véritables professionnels de santé attendent toujours une juste reconnaissance de leur travail. Les financements doivent d’abord servir à revaloriser la prise en charge des patients les plus lourds, les plus dépendants, les plus éloignés des structures de soins, ainsi qu’à reconnaître enfin à sa juste valeur l’engagement quotidien des infirmières et infirmiers libéraux.
Par ailleurs, La Poste ferait sans doute mieux de concentrer ses efforts sur son cœur de métier : la distribution du courrier et des colis, qui connaît encore de nombreux dysfonctionnements. Convergence Infirmière est régulièrement destinataire de témoignages faisant état de retards ou de difficultés de distribution ayant parfois des conséquences sur l’organisation des soins.
Enfin, alors même que les pouvoirs publics envisagent de renforcer les obligations vaccinales applicables aux professionnels de santé, une question mérite d’être posée : les personnels de La Poste appelés à intervenir dans le champ de la santé seront-ils soumis aux mêmes exigences que les soignants ?
La confusion des rôles ne servirait ni les patients ni notre système de santé.
Les patients ont besoin de professionnels de santé, pas d’une confusion entre accompagnement logistique et exercice du soin. Ils ne sont pas des clients. Ils sont des personnes vulnérables qui doivent pouvoir compter sur des professionnels qualifiés, formés et responsables.
Convergence Infirmière appelle les pouvoirs publics à soutenir celles et ceux qui soignent réellement au quotidien et à renforcer les moyens consacrés aux acteurs de santé de proximité, plutôt que de multiplier les effets d’annonce autour d’une médicalisation de missions qui ne relèvent pas du soin.


