Dispositifs médicaux : une consultation de Convergence Infirmière alerte sur les conséquences des substitutions dans la prise en charge des plaies

Convergence Infirmière publie aujourd’hui les résultats d’une consultation nationale consacrée à la substitution des dispositifs médicaux utilisés dans la prise en charge des plaies.

Les réponses recueillies mettent en évidence une pratique devenue fréquente et dont les conséquences ne peuvent être considérées comme uniquement logistiques ou économiques.

Au cours des douze derniers mois, 86 % des professionnels ayant répondu déclarent avoir constaté souvent ou parfois qu’un dispositif prescrit ou habituellement utilisé avait été remplacé lors de sa délivrance.

Plus préoccupant encore, 87,32 % indiquent avoir déjà constaté, souvent ou parfois, qu’un dispositif substitué était moins adapté que celui initialement prévu. Les conséquences rapportées sont très concrètes : décollement prématuré, maintien insuffisant, irritation ou allergie cutanée, macération, douleurs ou encore retard de cicatrisation. Dans 63,89 % des cas, les professionnels indiquent avoir dû modifier leur protocole de soins à la suite d’une substitution.

La consultation met également en évidence un défaut majeur d’information et de concertation. Dans 68,25 % des réponses, aucun des éléments proposés concernant l’information du patient, l’information du professionnel réalisant les soins ou sa consultation n’était retrouvé. Un constat d’autant plus préoccupant que 98,65 % des IDEL interrogés considèrent que leur avis doit être respecté avant toute substitution. Un chiffre sans appel qui traduit l’exigence, massivement exprimée par la profession, de replacer l’expertise clinique de l’infirmière ou de l’infirmier qui réalise les soins au cœur de la décision.

L’équivalence administrative ne signifie pas nécessairement équivalence clinique. Une plaie ne peut être appréhendée à travers la seule référence d’un produit ou son appartenance à une même ligne générique. Sa localisation, sa taille, son niveau d’exsudat, l’état de la peau, les allergies éventuelles, la douleur, l’autonomie du patient et l’évolution de la cicatrisation constituent autant d’éléments qui interviennent dans le choix du dispositif utilisé.

L’infirmière ou l’infirmier libéral qui observe la plaie, réalise les soins et en suit l’évolution dispose d’une expertise clinique qui doit être pleinement prise en compte. Au-delà des 98,65 % qui considèrent que leur avis doit être respecté avant toute substitution, 79,96 % des professionnels interrogés estiment que l’avis préalable de l’infirmière ou de l’infirmier réalisant les soins constitue le mécanisme le plus sécurisant pour le patient.

Convergence Infirmière ne remet nullement en cause la nécessité d’une coopération étroite entre infirmières et infirmiers libéraux, pharmaciens et prescripteurs. Bien au contraire. Mais cette coopération doit reposer sur le respect des compétences de chacun, une information réciproque et une décision guidée par l’intérêt clinique du patient.

Convergence Infirmière demande notamment que l’infirmière ou l’infirmier réalisant les soins soit informé de toute substitution susceptible d’avoir un impact clinique, que son avis soit systématiquement recueilli et respecté avant toute substitution lorsque le choix du dispositif repose sur son évaluation clinique de la plaie, que les prescriptions infirmières soient pleinement respectées, que les substitutions soient tracées et que des moyens simples et rapides permettent l’échange entre les professionnels concernés.

Comme le souligne Ghislaine Sicre, présidente de Convergence Infirmière : « La substitution d’un dispositif médical ne peut être une simple décision logistique ou commerciale : elle engage directement la sécurité du patient et la qualité de sa cicatrisation. »

Convergence Infirmière entend désormais porter les enseignements de cette consultation et les propositions exprimées par les infirmières et infirmiers libéraux auprès des pouvoirs publics et de l’ensemble des acteurs concernés.

>>> Accéder à l’enquête : Consultation nationale consacrée à la substitution des dispositifs médicaux

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