Carburant : les infirmières et infirmiers libéraux ne doivent pas tomber en panne pendant que les patients attendent

Hier, des files d’attente se sont déjà formées devant un certain nombre de stations-service suscitées par les inquiétudes liées à la situation actuelle au Moyen-Orient. Des tensions sur l’approvisionnement sont déjà constatées.

Les infirmières et infirmiers libéraux ne peuvent pas se permettre d’attendre infiniment à la pompe. Ils ne peuvent pas se retrouver en rupture de carburant au milieu d’une tournée. Derrière chaque plein impossible, il y a un patient dépendant qui ne peut pas se déplacer, une injection retardée, un pansement différé, une surveillance clinique reportée. Les patients les plus fragiles ne peuvent pas attendre que la crise passe.

Les infirmières et infirmiers libéraux interviennent majoritairement au domicile des patients.

Personnes âgées dépendantes, patients chroniques, soins post-hospitalisation : ces publics ne peuvent pas venir au cabinet. Le déplacement n’est pas accessoire. Il est constitutif du soin. Si les IDEL ne roulent pas, l’accès aux soins recule.

Nous demandons au Ministre de l’Intérieur la mise en place immédiate de files prioritaires dédiées aux professionnels de santé en cas de tension et l’inscription explicite des infirmières et infirmiers libéraux dans les dispositifs préfectoraux de priorisation. Garantir l’accès au carburant, c’est garantir l’accès aux soins.

Dans le cadre des négociations avec la Caisse nationale de l’Assurance Maladie, nous demandons le passage de l’Indemnité Forfaitaire de Déplacement (IFD) à 4 € pour certaines typologies de patients, notamment les patients dépendants, sur un principe comparable à celui appliqué aux masseurs-kinésithérapeutes. Ces patients ne peuvent pas se déplacer. Le déplacement est donc une obligation structurelle. Cette mesure doit être intégrée dans la négociation en cours, applicable rapidement et adaptée à la réalité des coûts actuels.

La TICPE (Taxe Intérieure de Consommation sur les Produits Énergétiques) représente une part significative du prix du carburant. Des mécanismes de remboursement partiel existent pour les transporteurs routiers et certaines professions fortement dépendantes de leur véhicule. Les infirmières et infirmiers libéraux le sont tout autant. Nous demandons l’application d’un dispositif équivalent de remboursement partiel de TICPE pour les IDEL.

Nous appelons la Ministre de la Santé à soutenir ces mesures afin de garantir la continuité des soins à domicile. On ne peut pas promouvoir le maintien à domicile sans sécuriser la mobilité des soignants. Un IDEL bloqué à la pompe, c’est un patient vulnérable laissé sans soin.

Convergence Infirmière reste pleinement mobilisé pour défendre des solutions concrètes et justes au service des patients et des soignants.

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