Convergence Infirmière ne signera pas l’avenant 2 à l’ACI MSP

Cette position est cohérente avec celle que nous défendons depuis de nombreuses années.

Nous ne sommes pas opposés à la coordination des soins. Bien au contraire. Les infirmières et infirmiers libéraux coordonnent chaque jour les parcours de soins de millions de patients, à domicile, dans les territoires, auprès des médecins, des kinésithérapeutes, des établissements de santé, des services médico-sociaux et des aidants. Ils le font depuis toujours, sans avoir attendu les MSP, les CPTS ou les dispositifs conventionnels successifs.

Nous considérons que la coordination doit s’organiser autour du patient, de ses besoins et de son projet de soins, et non autour d’une structure, d’un bâtiment ou d’un label administratif. Ce n’est pas un label qui soigne un patient. Ce sont les professionnels de santé.

L’ACI MSP n°2 ne nous paraît pas apporter de réponse nouvelle aux difficultés d’accès aux soins que rencontrent les Français. En revanche, il poursuit une logique consistant à concentrer toujours davantage de financements sur des structures labellisées, sans démonstration évidente de leur plus-value au regard des sommes engagées.

Nous sommes également attentifs aux conséquences que peuvent produire ces dispositifs sur les territoires. Les professionnels exerçant en dehors des MSP ne doivent pas devenir les oubliés du système.

Les actions de prévention, les campagnes de santé publique, les expérimentations, les financements et les organisations territoriales doivent bénéficier à l’ensemble des professionnels de santé et à l’ensemble des patients, et non prioritairement à ceux qui appartiennent à une structure bénéficiant d’un label ou d’un financement spécifique.

La liberté de choix du patient doit être préservée. La liberté d’exercice des professionnels également.

Les MSP ne doivent pas favoriser des logiques de réseaux fermés ou d’orientation privilégiée entre membres d’une même structure. L’organisation des soins doit rester ouverte, équitable et accessible à tous les professionnels compétents d’un territoire.

Par ailleurs, nous nous interrogeons sur la multiplication des financements consacrés aux structures de coordination : MSP, CPTS, dispositifs organisationnels et couches administratives successives. Pendant que des millions d’euros sont consacrés à ces organisations, les professionnels de terrain attendent toujours des revalorisations dignes de ce nom.

Pour les infirmières et infirmiers libéraux, un pansement simple est toujours rémunéré environ 6,30 € brut. Une injection reste rémunérée à un niveau dérisoire au regard des charges supportées. L’indemnité forfaitaire de déplacement demeure bloquée à 2,75 €, malgré l’augmentation du prix des carburants, des véhicules, des assurances et des coûts d’exercice.

Depuis des années, nous expliquons que les soins de proximité sont sous-financés. Depuis des années, nous demandons que l’argent soit investi en priorité dans le soin direct au patient et dans ceux qui le réalisent quotidiennement.

La question mérite donc d’être posée : combien d’argent est consacré aux structures, aux labels, aux coordinations et aux organisations administratives, pendant que les actes de soins restent sous-évalués et que les professionnels de terrain peinent à maintenir leur activité ?

L’accès aux soins ne sera pas résolu par l’empilement de dispositifs administratifs. Il sera amélioré en donnant aux soignants les moyens d’exercer correctement leur métier, quel que soit leur mode d’exercice.

Convergence Infirmière ne conteste pas l’engagement des professionnels qui exercent en MSP ni les initiatives locales qui apportent une valeur ajoutée aux patients.

Nous refusons simplement que ce modèle devienne la norme implicite vers laquelle tous les professionnels devraient être orientés, ou qu’il bénéficie d’un traitement privilégié au détriment des autres formes d’exercice coordonné qui existent déjà sur le terrain.

Parce que nous n’avons pas vocation à entrer dans un moule, nous continuerons à défendre une vision libre, indépendante et exigeante de notre profession. Nous refusons de devenir des professionnels formatés, enfermés dans un modèle unique d’organisation des soins.

C’est pour toutes ces raisons que Convergence Infirmière ne signera pas l’ACI MSP n°2.

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