Dans un rapport rendu récemment, l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS) propose de réformer très largement voire supprimer l’Agence nationale du DPC pointant notamment le chiffre trop faible de professionnels formés et sa stagnation ces dernières années.
Suite aux préconisations de l’IGAS, plusieurs amendements ont été déposés pour acter la disparition de l’ANDPC dans le cadre de l’examen du projet de loi de simplification de la vie économique à l’Assemblée nationale. Même si ces amendements ont été déclarés irrecevables en Commission des finances, nous restons vigilants. Si Convergence Infirmière ne nie pas la nécessité d’examiner de très près et même de rationnaliser le fonctionnement des agences qui pour certaines n’ont qu’une utilité relative, le syndicat représentatif déplore dans ce cas précis le manque de concertation, de préparation et par conséquent le danger que pourrait constituer une décision si radicale. Pourquoi s’attaquer aujourd’hui aussi brutalement à l’ANDPC sans aborder également le FIF PL (Fonds Interprofessionnel de Formation des Professionnels Libéraux) dont le fonctionnement gagnerait à plus de transparence et à plus de collégialité.
En 2024, 50 652 infirmières et infirmiers soit 38% de la population éligible se sont inscrits à des actions de DPC, en hausse de près de 8% par rapport à 2023. 96% de l’enveloppe allouée a été consommée. Le DPC est donc un outil très important pour les infirmières et les infirmiers libéraux.
De plus, il est indispensable que celles et ceux qui soignent seuls au domicile soient dûment formés. Il est d’autant plus essentiel de conforter la formation des IDEL dans le cadre du virage ambulatoire et du virage domiciliaire. Les patients doivent pouvoir continuer à bénéficier de soins de qualité dispensés par des soignants régulièrement formés. Il s’agit là d’un enjeu fort en matière de santé publique.
Convergence Infirmière demande aux députés d’entendre ces arguments de bon sens et de s’opposer à toute décision de nature à dégrader notre système de soins. En tout état de cause, il est impensable de saborder une structure sans qu’aucune solution alternative ne soit présentée. Notre syndicat représentatif va consulter rapidement la profession au sujet de sa formation continue afin d’émettre des propositions fondées sur les réalités de terrain.