Depuis le 30 décembre 2025, l’article 55 de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2026 prévoit expressément la possibilité pour les infirmières et infirmiers libéraux de s’approvisionner en vaccins et de les détenir en vue de leur administration.
Une avancée nécessaire pour simplifier le parcours vaccinal, renforcer la prévention et faciliter l’accès aux soins, particulièrement pour les personnes âgées, fragiles, dépendantes ou rencontrant des difficultés de déplacement.
Mais près de dix mois plus tard, cette disposition législative reste privée de sa traduction réglementaire.
Le 18 juin 2026, dans une réponse officielle à une question parlementaire, le ministère de la Santé présentait cette réforme comme une priorité gouvernementale.
Plus explicite encore, dans un courrier du 30 juillet 2026 adressé à la Haute Autorité de santé, la Direction générale de la santé annonçait un déploiement du dispositif dès la campagne de vaccination contre la grippe saisonnière 2026-2027.
Le 3 septembre 2026, la Haute Autorité de santé rendait un avis favorable au projet de décret.
Toutes les conditions semblaient donc réunies pour permettre une mise en œuvre effective dès cet automne.
Pourtant, au 8 octobre, aucun décret d’application n’est venu concrétiser cette avancée.
Comment expliquer un tel décalage entre les objectifs affichés de santé publique et les décisions réglementaires nécessaires à leur réalisation ?
Comment prétendre renforcer la couverture vaccinale tout en retardant les mesures qui permettraient de simplifier concrètement l’accès aux vaccins ?
Les infirmières et infirmiers libéraux sont des acteurs essentiels de la prévention. Leur présence quotidienne au domicile des patients, leur connaissance des populations fragiles et leur maillage territorial constituent des atouts majeurs pour améliorer la couverture vaccinale.
Leur permettre de disposer de vaccins dans leur cabinet faciliterait leur administration, limiterait les démarches imposées aux patients et multiplierait les occasions de vaccination.
Convergence Infirmière appelle la ministre de la Santé à prendre ses responsabilités et demande la publication sans délai du décret autorisant l’approvisionnement et la détention des vaccins par les infirmières et infirmiers libéraux.
À l’heure où les pouvoirs publics appellent à intensifier les efforts de prévention, il serait incompréhensible de priver plus longtemps les professionnels de proximité d’un outil supplémentaire pour protéger la population.
La santé publique ne peut pas attendre le calendrier administratif. Les patients non plus.


