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    • 08 FÉV 18

    PLAN DE RENFORCEMENT DE L’ACCÈS TERRITORIAL AUX SOINS

    ► Convergence Infirmière signe la charte avec la Ministre de la Santé… mais promet de rester vigilant !

    Ce mardi 6 février, Convergence Infirmière a signé la charte pour la mise en œuvre du plan de renforcement de l’accès territorial aux soins entre l’État et les syndicats représentatifs des professionnels de santé. Une signature qui nous engage, bien entendu, mais cela ne saurait en aucun cas nous dispenser d’être vigilant.

    LES ZONES SOUS DOTÉES EN MÉDECINS SE MULTIPLIENT

    C’est un constat : la politique d’incitation à l’installation en zones défavorisées en médecins n’a pas porté ses fruits. Pire, ces zones dépourvues en médecins se multiplient ; c’est ce qui a poussé Madame Agnès Buzyn, Ministre des Solidarités et de la Santé, à réunir les professionnels de santé, les jeunes médecins, ainsi que les associations d’élus locaux, afin de lancer ce premier comité de pilotage national du plan d’accès aux soins.

    La Ministre n’a pas manqué de soulever les difficultés rencontrées par la population en matière d’accès aux soins, notamment les délais d’attente pour obtenir un rendez-vous, en croissance constante. Sur le terrain,  même en zone dotée de médecins, force est de constater les difficultés rencontrées pour joindre un médecin après 17 heures comme durant les périodes scolaires.

    UNE POLITIQUE MINISTÉRIELLE AMBITIEUSE

    Lors de la mise en place de ce Copil, la Ministre s’est voulue particulièrement volontariste. Elle a ainsi émis l’envie de voir ″un changement de paradigme en matière d’accès aux soins″. Pour ce faire, il faut désormais :

    • raisonner en temps médical accessible pour un territoire et non plus en termes d’installations de médecins ;
    • que des dynamiques issues du terrain favorisent des synergies entre professionnels autour du patient, accompagnées – si besoin – par les élus locaux et les ARS ;
    • inscrire la télémédecine dans le droit commun ;
    • organiser le travail collectif par le biais de protocoles de coopération ;
    • permettre une formation de niveau ″master″ aux IDES, afin d’élargir leurs compétences ;
    • alléger les cotisations, dans le cadre du cumul emploi-retraite, pour les médecins ;
    • mettre en place des stages en milieu libéral pour les futurs médecins.

    UN MAILLAGE INFIRMIER HOMOGÈNE SUR L’ENSEMBLE DU TERRITOIRE

    En signant cette charte, Convergence Infirmière – qui porte lui-même un projet innovant en termes d’organisation des professionnels sur le territoire – se veut éminemment déterminé et entreprenant. Le but étant, in fine, que dans ce dossier de l’accès territorial aux soins, le territoire soit fort d’un maillage infirmier homogène sur l’ensemble des secteurs qui le constituent.

    Car si la profession infirmière et les différentes composantes soignantes parviennent à s’organiser tel que prévu dans le projet de Convergence Infirmière – notamment grâce à un outil digital connecté, lui aussi porté par notre syndicat – les IDEL comme les autres professionnels de santé pourront apporter une aide précieuse aux patients dans ces territoires désertés par les médecins. La seule condition étant de travailler en lien avec un médecin, indépendamment de sa situation géographique plus ou moins lointaine.

    Pourtant, et même si ce plan nous apparaît fort louable, Convergence Infirmière reste très prudent et émet des réserves sur l’article 55 de la LFSS, bis repetita – en pire ! – de l’ancien article 51 de la loi HPST relative aux coopérations, puisque ces protocoles ne seront plus validés par la HAS. Ils ne garantiront donc plus des soins de qualité pour assurer la sécurité des patients.

    Bref, notre mot d’ordre est clair : méfiance