En marche vers le statut d’aide-soignant libéral et le transfert de nombreux actes infirmiers : une réaction puissante des IDEL est indispensable pour l’avenir de notre profession

La décision a été actée par le Haut Conseil des Professions Paramédicales, les aides-soignantes gagnent en autonomie. Le statut libéral porté notamment par le député Modem Cyrille Isaac-Sibille n’est plus qu’à une marche. Un décret a d’ores et déjà été rédigé. Il n’attend que sa parution au Journal Officiel. Selon ce décret, « l’aide-soignant peut réaliser, de sa propre initiative, les soins courants de la vie quotidienne définis par arrêté du ministre chargé de la santé. » De plus, un certain nombre d’actes infirmiers vont leur être transférés et notamment la glycémie capillaire.

Ce qui se prépare est un pur scandale, malheureusement dans le droit fil de ce qui se passe depuis des mois et des années. Ce qui est un serpent de mer depuis 2015 est en passe d’aboutir. La réingénierie du diplôme des AS est en cours depuis cette date et nous nous sommes toujours opposés à céder notre rôle propre aux AS et à leur laisser du champ tout autant que des actes! Pour éviter un nouvel écueil, la DGOS service du Ministère des Solidarités et de la Santé ne nous a pas conviés aux réunions. Seule la FNI l’a été, ni l’Ordre, ni les autres organisations syndicales. Et nous comprenons pourquoi! Il leur fallait une organisation qui validerait les actes et l’autonomie octroyés aux AS pour 3 mois de formation supplémentaires. Désormais, la voie est ouverte aux AS libérales !

Très concrètement, cette réforme menace notre profession à court terme. Celles et ceux qui assurent le maintien à domicile des personnes âgées vont être dépossédés d’une partie de leur travail. La logique de ce gouvernement est catastrophique. On nous rebat les oreilles avec le « quoi qu’il en coûte » pour la prise en charge de la crise sanitaire mais derrière cela se cache une logique financière féroce. Il n’y a strictement aucune politique d’avenir pour la prise en charge des personnes âgées, de la dépendance, du grand âge, de la fragilité. La seule logique est le moins disant, la recherche du moindre coût quitte à altérer le niveau de la prise en charge, quitte à impacter l’espérance de vie.

Les études scientifiques du monde entier démontrent l’importance de faire appel à du personnel dûment formé. Elles valident la place fondamentale des infirmières et des infirmiers quel que soit le système de santé concerné. Ce gouvernement, lui, méprise les IDEL et a décidé de nous passer par pertes et profits.

Nous appelons donc les IDEL à se mobiliser notamment lors des prochaines élections départementales et régionales. Il est impératif de rencontrer les candidats pour leur expliquer cette situation et recueillir leur position. Les élections présidentielles et législatives suivront. Rencontrez les députés mais aussi les sénateurs, en particulier de la majorité LREM-Modem pour leur expliquer que cette réforme va être à la fois un désastre sanitaire et la fin programmée de notre profession. Il faut que les élus précisent leur position. Les 127 000 IDEL pourront ainsi voter et faire voter en conséquence. Nous prenons en charge plus d’un million de patients par jour. Notre influence est réelle. Nous pouvons faire basculer une élection grâce aux patients et leurs familles.

Nous n’allons pas nous en tenir là, nous déploierons toutes les actions nécessaires (boycott des vaccinations, boycott des dépistages, etc.) pour faire barrage à ce qui va à l’encontre de notre profession et plus largement à l’encontre d’une prise en charge optimale des patients. Nous appelons les organisations de professionnels de santé qui souhaitent s’opposer à cette dégradation programmée de notre système de santé de se mobiliser avec nous.

Décret n°2021-XXX relatif aux conditions de réalisation de certains actes professionnels par les infirmiers

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