Projet de loi sur la fin de vie : Les interrogations et les inquiétudes de Convergence Infirmière

Convergence Infirmière a pris connaissance comme tout un chacun des propositions du Président de la République sur la fin de vie. Un texte sera présenté dans un mois en Conseil des Ministres et examiné par le Parlement dès le mois de mai. Sur la forme, de multiples organisations représentant des soignants déplorent un manque de dialogue sur un sujet majeur qui les concerne au premier chef.

Sur le fond, les éléments présentés ne sont pas à la hauteur en particulier sur la question des soins palliatifs et de la douleur. A l’heure actuelle, selon un rapport de la Cour des Comptes, 50% des besoins en soins palliatifs ne sont pas couverts, 21 départements ne sont pas dotés d’unités spécialisés, sachant que les besoins vont augmenter de 23% jusqu’en 2046. L’accès à des soins dignes est pourtant un enjeu fondamental pour que la vieillesse, la maladie, le handicap ne signifient pas une mort sociale. Pour cela il faut des moyens, en particulier au domicile, afin d’assurer une prise en charge optimale de la douleur, afin de pouvoir dispenser des soins palliatifs le plus largement en ville. Des moyens cela signifie également une formation dédiée en matière d’accompagnement dans ces situations précises.

A ce stade, deux jours sont prévus pour tester la solidité de la détermination d’une personne en fin de vie avec une réponse des soignants dans un délai au maximum de 15 jours. Comment peut-on imaginer disposer dans ces conditions d’un discernement plein et entier ? Comment passer sous silence le fait que nombre de patients, une fois soulagés, ne font plus part de leur volonté de mourir ? Comment ignorer que la recherche avance chaque jour apportant son lot d’approches thérapeutiques nouvelles ?

Si ce texte passe, nous serons le seul pays au Monde à autoriser l’administration de la substance létale par un proche. Cela peut évidemment entraîner certaines dérives. Le cadre doit être extrêmement strict tant nous savons qu’une personne malade est en situation de fragilité. Il faut également protéger les soignants, en particulier au domicile, et introduire clairement une clause de conscience car la mission première des soignants n’est évidemment pas de donner la mort mais prodiguer des soins. L’approche éthique personnelle doit être respectée. Il est d’autant plus indispensable d’introduire un droit de retrait pour les infirmières et les infirmiers libéraux si cet acte est remboursé par la Sécurité sociale dans la mesure où les IDEL sont soumis à la continuité des soins.

Plus globalement, les questions de la mort, du grand âge, de la fin de vie et plus précisément l’euthanasie active et le suicide assisté car il faut nommer les choses, méritent un véritable débat de société afin de bâtir un texte fédérateur. Convergence Infirmière souhaite que tous les sujets puissent être abordés sans tabous mais dans la plus large écoute.

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